Découvrir : 'Bani Volta' de la Compagnie Auguste-Bienvenue
Plongez au cœur d’une création chorégraphique puissante, née d’un dialogue entre artistes et chercheurs en sciences humaines et sociales, autour d’un épisode méconnu mais essentiel de l’histoire coloniale : la guerre du Bani-Volta (1915-1916). Cette révolte, menée par des communautés ouest-africaines contre la domination coloniale française, fut l’une des plus grandes résistances armées en Afrique sub-saharienne.
Cette démarche revêt une importance particulière dans un contexte où la mémoire de cette révolte, bien que restant vive chez certains habitants de la région de l’Ouest du Burkina Faso et du Mali, n’a pas fait l’objet d’une transmission dynamique permettant une connaissance partagée de l’événement, tant au Burkina Faso qu’en France.
Bienvenue Bazié articule son travail autour de trois directions principales :
- Les dynamiques de résistance des communautés face aux violences coloniales.
- L’importance de la place et du rôle des femmes dans cette révolte qui a marqué l’histoire du Burkina Faso.
- La pertinence de cette mémoire dans le contexte politique actuel du Burkina Faso, comme en témoignent les défis sécuritaires et les troubles sociopolitiques contemporains.
Bienvenue Bazié explore la rage, la dignité et la quête de liberté qui ont animé ces peuples. Cette mémoire résonne aujourd’hui avec les défis contemporains du Burkina Faso et du Sahel, entre insurrections populaires et tensions géopolitiques.
Cette œuvre chorégraphique est une invitation à ressentir, à comprendre et à partager une histoire longtemps enfouie. Elle fait dialoguer passé et présent, résistance et espoir, pour redonner à ces récits la place qu’ils méritent. Après une première étape à Ouagadougou, le projet s’affirme désormais comme une création majeure destinée à voyager au Burkina Faso, en Afrique et en Europe.
Un spectacle qui fait vibrer la mémoire, interroge notre rapport à l’Histoire et célèbre la force des corps en mouvement.
Pour Bienvenue Bazié, la danse dépasse la simple performance artistique ; elle est un moyen d’expression, de connexion et d’autonomisation.
Ses premiers pas sur scène remontent à 1993, lorsqu’il remporte le deuxième prix du concours inter-établissements de poèmes récitals, organisé par la direction des arts et des métiers d’arts, avant de participer à une tournée nationale. En octobre de la même année, il intègre la troupe polyvalente et artistique Le Bourgeon du Burkina, où il reçoit une formation pluridisciplinaire en danse, théâtre, conte et musique. Huit ans plus tard, il se spécialise dans la danse et la chorégraphie, multipliant les rencontres et participant à de nombreux stages et ateliers de formation à Ouagadougou.
Aujourd’hui, en tant que codirecteur de la compagnie Auguste-Bienvenue, il collabore étroitement avec Auguste Ouédraogo pour développer et réaliser tous les projets de la compagnie. Sa passion inébranlable pour l’art et son engagement en faveur de l’autonomisation des artistes, en particulier des femmes, continuent d’inspirer et de transformer la scène de la danse en Afrique et au-delà.
Son parcours en tant que chorégraphe, danseur, formateur et leader demeure un exemple éclatant de l’impact transformateur de l’art et de la détermination sur la vie des individus et des communautés. Il a collaboré en tant qu’interprète et chorégraphe à plusieurs créations :
- Vin Nem et Nagtaba de la Cie Kongo Ba Téria (2002/2003) ;
- Welcome to Bienvenue (2004) ;
- Derrière les Murs/murs, de la Cie ULAL DTO de Xavier Lot (2006) ;
- Étrange Étranger de Pambè Dance Company (2008) ;
- Le tango du cheval de la Cie Seydou Boro (2011) ;
- Chacun signe sa vie avec Sidiki Yougbaré (2011) ;
- Converse de Demi Dance Project et Jennifer Dallas (2011) ;
- M-Im pour la formation «je danse donc je suis» avec Salia Sanou CDC La Termitière (2012) ;
- Biface de Perrine Fifadji et Khanzaï (2012) ;
- Idiom de Kemi Dance Project et Jennifer Dallas (2013);
- Le cri de la chair (2016) et Kotéba (2019) de la cie Seydou Boro (2019),
- Révélation, spectacle créé dans la cadre de la formation «Corps pour le XXIIe siècle» (2023).