Avant le palais de Chaillot et son théâtre enterré sous le parvis des Droits de l‘Homme et des Libertés, le site de Chaillot a connu des affectations variées. Longtemps situé aux portes de Paris, il est convoité alternativement par l’aristocratie, par le clergé ou par l’armée. Il inspire de nombreux projets, souvent sans suite, jusqu’à l’érection du Palais du Trocadéro signé par les architectes Gabriel Davioud et Jules Bourdais en 1878 (voir ci-dessous). Le documentaire la Colline de Chaillot, réalisé par Jack Sanger en 1972 pour la collection Histoires de Paris, vous invite à parcourir l’histoire riche de Chaillot depuis la fin du XVe siècle jusqu’à la naissance du Théâtre National Populaire.

Commandé pour l’exposition universelle de 1878, le Palais est construit en 18 mois seulement. La colline accouche d’un bâtiment au style hispano-mauresque, coloré et tout en rondeurs : point de lignes géométriques et épurées mais place à l’exotisme, voire à l’extravagance. Dans son aspect extérieur, il se distingue par ses grandes ailes (433 m de façades) curvilignes embrassant une colossale rotonde percée de grandes baies vitrées et habillée de statues. Deux « minarets » de 82,50 mètres (les plus hautes tours de France à l’époque) encadrent l’édifice de part et d’autre.

En 1920, c’est sous ce dôme abritant une opulente salle de spectacle de 4600 places (la plus grande de Paris) que naîtra à la demande de l’État le Théâtre National Populaire. Le comédien Firmin Gémier en assurera la direction jusqu’à sa mort en 1933. Dans cette salle où se sont produites des divas comme Sarah Bernhardt, le fondateur du Théâtre National Ambulant trouvera de quoi développer une autre conception du théâtre : celle d’un art ouvert à tous, sans distinction de classes. Une idée que Jean Vilar fera sienne lorsqu’il prendra la direction du TNP dans un tout nouveau Trocadéro en 1952.